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L’écriture chorégraphique
Poursuivre l’expérience ressentie dans la création
précédente BI#1 -Le Poil, solo interactif où
le dispositif technologique était une présence à
part entière accompagnant la danseuse sur scène. Il s’agit
donc de s’appuyer sur cet imaginaire et cette mémoire,
de jouer sur une présence invisible conduisant le corps à
des chemins inhabituels, des rythmiques incongrues et un état
d’alerte.
Pressentir les accompagnateurs technologiques en les substituant par
un fantôme lors de l’écriture chorégraphique,
les appréhender, faire appel à la mémoire, à
l’illusion, à la sensation. La trace tangible d’un
dispositif comme une seconde peau, une présence, un fantôme,
en apparition et disparition pour accentuer l’invisible, le rendre
palpable, le partager. Écrire une danse qui se joue du dispositif,
l’anticipe, le ressent, l’absorbe et le rejette.
Travail en duo.
Deux corps pour renforcer la présence de l’autre et appuyer
l’espace entre les corps. Imaginer Betobetosan dans cet espace
et accentuer la dualité du plein et du vide, du visible et de
l’invisible. Comme l’ambiguïté du noir, nous
jouons de la dualité des deux corps, de la présence illusoire,
de leur identité sexuelle tendant vers l’androgynie tant
dans la forme que dans le travail du mouvement.
Corps et technologie.
C’est de cet état particulier, qu’émergera
un dispositif technologique appuyant la sensation d’une présence,
absorbant les corps ou les laissant absorber un son, un éclairage,
une image… Le niveau du noir agit comme une échelle de
densité de la pièce, l’obscurité se fait
dense, les corps y sont oppressés, la matière se fige.
La lumière s’illumine, les choses se dilatent, les corps
s’amplifient, le mouvement se fait. Mais comme le noir est complexe
et exprime aussi des opposés, l’ensemble peut s’inverser,
se mêler, la densité se faire et se défaire, la
lumière vaciller, les corps se complexifier.
Notre travail avec les technologies numériques s’oriente
vers l’amplification de la profondeur, l’intensité
et la force de transmettre des émotions que le corps possède.
Au-delà de la forme et au-delà des récepteurs/capteurs
sensitifs, nous désirons transmettre et amplifier l’intimité
du noir
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Inspiration
de Betobetosan
Le fantôme Japonais
«Quand je marche, il marche aussi, à deux pas
de ma démence. Il me suit, il m'observe, il m'écoute, je
ne peux pas le sentir. Il n'a pas de visage, pas de corps. Il ne dit rien.
Il n'est que l'écho de ses pas qui me suivent inlassablement. Collé
à mes talons, il est l'ombre de mon ombre. Je l'appelle Monsieur
Poisseux, Betobeto-san.»
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